Mes chers lecteurs, mes chères lectrices, voici mon blog construit essentiellement autour de mes oeuvres afin de partager et d'échanger avec vous. Vous aurez l'accès aux livres, aux reportages et interviews, radio ou TV, aux articles de presse, etc... Aussi, vous pourrez me demander des dédicaces. Alors à bientôt... Nedim Gürsel «On n’habite pas un pays, on habite une langue. Une patrie, c’est cela et rien d’autre. » (E.M. Cioran, Aveux et anathèmes). Blog créé par Zühal Türkkan Gürsel et Leyla-Gün Gürsel.

09 Dec

Belle et rebelle, ma France. Editions Empreinte Temps présent, 2011

Publié par Nedim GÜRSEL  - Catégories :  #Récit, #Press book

Belle et rebelle, ma France. Editions Empreinte Temps présent, 2011

C'était sur France Inter dans "Conduite accompagnée", en juin 2011.

http://www.franceinter.fr/personne-nedim-guersel

Né en Turquie en 1951, il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, romans, nouvelles, récits de voyages, essais.
Après son baccalauréat obtenu au lycée de Galatasaray d’Istanbul en 1970, il poursuit ses études à Paris où il obtient une maîtrise en lettres modernes, puis soutient en 1979, sous la direction d’Etiemble, une thèse de doctorat en littérature comparée.
Nedim Gürsel écrit en turc et en français. Il occupe une place primordiale dans la littérature de son pays et son œuvre est traduite dans de nombreuses langues. Il vit actuellement à Paris mais effectue de fréquents séjours en Turquie et dans d’autres pays européens. Il est directeur de recherche au CNRS et chargé de cours à l’Institut national des langues et civilisations orientales.

Lauréat de plusieurs prix littéraires : il reçoit le prix de l’académie de la langue turque en 1976 pour son premier récit "Un long été à Istanbul" (Ed. Gallimard, 1980). Avec son roman "La Première femme" (Ed. Seuil, 1994), il obtient en 1986 le prix Ipekçi pour sa contribution au rapprochement des peuples grec et turc. Le prix de la meilleure nouvelle lui a été décerné, en 1990, par Radio France internationale. Il reçoit, en 1992, pour ses essais, le prix de la plaquette d’or à Struga en Macédoine. Plusieurs de ses textes ont été mis en scène en Turquie et dans plusieurs pays européens. Son livre "Le Roman du conquérant" (Ed. Seuil, 1999), grand succès en Turquie mais aussi en Europe, a confirmé sa place primordiale parmi les écrivains turcs à vocation internationale. Il obtient en 2004 le prix France-Turquie et reçoit la même année le titre de chevalier dans l’ordre des arts et des lettres.

Son livre "Les filles d’Allah" (Ed. Seuil, 2009) a fait l’objet d’un procès en Turquie, considéré comme blasphématoire. Soutenu par de nombreuses personnalités, Nedim Gürsel a été acquitté en juin 2009, mais le parquet a fait appel. La procédure est relancée, « c’est désormais la Cour d’appel qui va trancher et dira le dernier mot.

Son dernier roman intitulé "Belle et rebelle ma France" est paru 30 avril 2011 aux Editions Empreinte temps présent.

Photographie de Georges Seguin

LaCroix

Nedim Gürsel, un Turc assis entre deux chaises

 

«Je vis à Paris avec le mal d’Istanbul qui me suit partout et que je porte en moi.» Nedim Gürsel se sent dans une position inconfortable : un Turc en exil assis entre deux chaises, résume-t-il. Victime collatérale de deux coups d’État, en 1971 et 1980, pris dans la vague de répression qui s’abattit sur les intellectuels, poursuivi par la justice militaire pour ses écrits, Un long été à Istanbul, puis La Première Femme (dont il est toujours sorti acquitté, au terme de procédures interminables qui l’empêchaient de rentrer dans son pays), et récemment pour Les Filles d’Allah, ce natif d’Anatolie, qui a passé son enfance dans la région de Marmara, a été contraint de trouver refuge à Paris.

«Ces deux coups d’État, à dix ans d’intervalle, ont marqué mon itinéraire d’écrivain et mon rapport à la France qui m’a accueilli à des moments difficiles de ma vie, analyse Nedim Gürsel dans son duplex, enchâssé dans une tour du 14e  arrondissement, qui surplombe les toits.  Avec le recul, je peux dire que l’exil m’a beaucoup apporté. Paris m’a ouvert au monde.» Chantre d’Istanbul, Nedim Gürsel estime qu’elle n’aurait pas occupé autant de place dans son œuvre s’il n’avait dû en être séparé.

Un Turc assis entre deux chaises… Partagé entre deux villes, Nedim Gürsel écrit ses romans dans sa langue maternelle et ses essais dans l’idiome de son pays d’adoption, probable influence d’un père, professeur de français et traducteur, mort à 38 ans dans un accident.

L’arrachement affectif avec sa mère, qui l’attendait dans leur maison de famille sur la rive asiatique du Bosphore, au cœur du quartier Anadolu Isari, demeure douloureux. «Professeur de maths, elle avait appris le français après la mort de son époux. Jamais remariée, elle s’était lancée, à son tour, dans la traduction de grands écrivains.» 

Quand il fuit la Turquie pour se réfugier à Paris, Nedim Gürsel parle un français «livresque». Il assure n’avoir jamais été confronté au moindre sentiment d’exclusion ou de rejet. Il a seulement éprouvé «la solitude de l’exilé»

Tempérée par l’effet des années 1970 : sur les rives de la Seine, l’ancien pensionnaire de Galatasaray découvre, en même temps que la liberté, le plaisir de côtoyer des créatures du monde entier. Après une vie sentimentale agitée («qui a peut-être fait de moi un écrivain»), Nedim Gürsel se marie sur le tard, à 42 ans, avec une fille d’émigrés turcs, et devient, à 44 ans, père d’une petite Leyla.

Assis entre deux chaises… «La langue oriente l’imaginaire, souligne-t-il. Quand je ne pouvais pas rentrer dans mon pays, mon turc devenait académique, perdait chaleur et agilité.» Au lycée, il avait étudié la littérature française ; à Paris, il s’est plongé dans la littérature turque, à laquelle il consacrera plusieurs essais. Sa thèse de littérature comparée réunira ses deux pôles : Aragon et Nazim Hikmet.

Attaché de recherche au CNRS, Nedim Gürsel (dont le prénom signifie «ami et confident du sultan») a obtenu la nationalité française en 1984.  «Je vis ici, je vote ici, une grande partie de ma vie est ici. Je n’envisage pas un retour définitif en Turquie où j’ai pourtant plus de lecteurs. Mais je ne me sens pas tout à fait français. Je reprends volontiers le mot de Montaigne : C’est Paris qui a fait de moi un Français.» 

Paris où il apprécie de prendre son café en terrasse, de lire le journal en fumant un cigarillo, de déguster un verre de vin. «Même le métro me manque quand je tente de circuler à Istanbul, congestionnée par le trop-plein de population et de tintamarre.»  

Ce pays dont il aime les valeurs démocratiques, républicaines, et son délicieux mode de vie. Cette contrée qu’il a longtemps sillonnée en auto-stop, qu’il a avidement explorée, il lui a rendu hommage dans un récit de voyage qui vaut certificat d’adoption : Belle et rebelle, ma France. 

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