Mes chers lecteurs, mes chères lectrices, voici mon blog construit essentiellement autour de mes oeuvres afin de partager et d'échanger avec vous. Vous aurez l'accès aux livres, aux reportages et interviews, radio ou TV, aux articles de presse, etc... Aussi, vous pourrez me demander des dédicaces. Alors à bientôt... Nedim Gürsel «On n’habite pas un pays, on habite une langue. Une patrie, c’est cela et rien d’autre. » (E.M. Cioran, Aveux et anathèmes). Blog créé par Zühal Türkkan Gürsel et Leyla-Gün Gürsel.

09 Dec

La première femme, éd. du Seuil, 1986 et Points Seuil, 1994 et 2008.

Publié par Nedim GÜRSEL  - Catégories :  #Roman

Préface de Juan Goytisolo. Prix Abdi Ipekçi (1986) et Prix RFi (1990)
Préface de Juan Goytisolo. Prix Abdi Ipekçi (1986) et Prix RFi (1990)
Préface de Juan Goytisolo. Prix Abdi Ipekçi (1986) et Prix RFi (1990)
Préface de Juan Goytisolo. Prix Abdi Ipekçi (1986) et Prix RFi (1990)

Préface de Juan Goytisolo. Prix Abdi Ipekçi (1986) et Prix RFi (1990)

Résumé :

Une journée particulière dans la vie d'un lycéen d'Istanbul, fraîchement débarqué d'Anatolie : en proie à la " solitude musulmane de ses seize ans ", il se rend pour la première fois au bordel, tandis qu'à son insu sa mère meurt dans une lointaine bourgade de la steppe. Avec en contre-chant les interventions du narrateur, qui n'est autre que cet adolescent, quelques années plus tard à Paris, quatre figures féminines vont peu à peu se superposer : la putain, la mère, l'héroïne d'une vieille légende turque, et Istanbul, la " veuve encore pucelle après mille épousailles ", la Ville par excellence. De Nedim Gürsel, Yachar Kemal écrivait qu'il est " l'un des rares écrivains turcs contemporains qui ont apporté du nouveau à notre littérature. "

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Son roman La Première femme (Le Seuil, 1986) lui a valu le prix Ipekçi, attribué par une fondation gréco-turque pour sa contribution au rapprochement entre ces peuples.

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Nedim Gürsel, un Turc assis entre deux chaises

Ces écrivains étrangers qui vivent en France (5/7) Poursuivi par la justice militaire pour ses livres, il a trouvé refuge à Paris où il écrit ses romans dans sa langue natale et ses essais en français.

Philippe MATSAS/Opale/Leemage

Pour Nedim Gürsel, « la langue oriente l’imaginaire ».

«Je vis à Paris avec le mal d’Istanbul qui me suit partout et que je porte en moi.» Nedim Gürsel se sent dans une position inconfortable : un Turc en exil assis entre deux chaises, résume-t-il. Victime collatérale de deux coups d’État, en 1971 et 1980, pris dans la vague de répression qui s’abattit sur les intellectuels, poursuivi par la justice militaire pour ses écrits, Un long été à Istanbul, puis La Première Femme (dont il est toujours sorti acquitté, au terme de procédures interminables qui l’empêchaient de rentrer dans son pays), et récemment pour Les Filles d’Allah, ce natif d’Anatolie, qui a passé son enfance dans la région de Marmara, a été contraint de trouver refuge à Paris.

«Ces deux coups d’État, à dix ans d’intervalle, ont marqué mon itinéraire d’écrivain et mon rapport à la France qui m’a accueilli à des moments difficiles de ma vie, analyse Nedim Gürsel dans son duplex, enchâssé dans une tour du 14e arrondissement, qui surplombe les toits. Avec le recul, je peux dire que l’exil m’a beaucoup apporté. Paris m’a ouvert au monde.» Chantre d’Istanbul, Nedim Gürsel estime qu’elle n’aurait pas occupé autant de place dans son œuvre s’il n’avait dû en être séparé.

Un Turc assis entre deux chaises… Partagé entre deux villes, Nedim Gürsel écrit ses romans dans sa langue maternelle et ses essais dans l’idiome de son pays d’adoption, probable influence d’un père, professeur de français et traducteur, mort à 38 ans dans un accident.

L’arrachement affectif avec sa mère, qui l’attendait dans leur maison de famille sur la rive asiatique du Bosphore, au cœur du quartier Anadolu Isari, demeure douloureux. «Professeur de maths, elle avait appris le français après la mort de son époux. Jamais remariée, elle s’était lancée, à son tour, dans la traduction de grands écrivains.»

Quand il fuit la Turquie pour se réfugier à Paris, Nedim Gürsel parle un français «livresque». Il assure n’avoir jamais été confronté au moindre sentiment d’exclusion ou de rejet. Il a seulement éprouvé «la solitude de l’exilé».

Tempérée par l’effet des années 1970 : sur les rives de la Seine, l’ancien pensionnaire de Galatasaray découvre, en même temps que la liberté, le plaisir de côtoyer des créatures du monde entier. Après une vie sentimentale agitée («qui a peut-être fait de moi un écrivain»), Nedim Gürsel se marie sur le tard, à 42 ans, avec une fille d’émigrés turcs, et devient, à 44 ans, père d’une petite Leyla.

Assis entre deux chaises… «La langue oriente l’imaginaire, souligne-t-il. Quand je ne pouvais pas rentrer dans mon pays, mon turc devenait académique, perdait chaleur et agilité.» Au lycée, il avait étudié la littérature française ; à Paris, il s’est plongé dans la littérature turque, à laquelle il consacrera plusieurs essais. Sa thèse de littérature comparée réunira ses deux pôles : Aragon et Nazim Hikmet.

Attaché de recherche au CNRS, Nedim Gürsel (dont le prénom signifie «ami et confident du sultan») a obtenu la nationalité française en 1984. «Je vis ici, je vote ici, une grande partie de ma vie est ici. Je n’envisage pas un retour définitif en Turquie où j’ai pourtant plus de lecteurs. Mais je ne me sens pas tout à fait français. Je reprends volontiers le mot de Montaigne : C’est Paris qui a fait de moi un Français.»

Paris où il apprécie de prendre son café en terrasse, de lire le journal en fumant un cigarillo, de déguster un verre de vin. «Même le métro me manque quand je tente de circuler à Istanbul, congestionnée par le trop-plein de population et de tintamarre.» (...)...

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