Mes chers lecteurs, mes chères lectrices, voici mon blog construit essentiellement autour de mes oeuvres afin de partager et d'échanger avec vous. Vous aurez l'accès aux livres, aux reportages et interviews, radio ou TV, aux articles de presse, etc... Aussi, vous pourrez me demander des dédicaces. Alors à bientôt... Nedim Gürsel «On n’habite pas un pays, on habite une langue. Une patrie, c’est cela et rien d’autre. » (E.M. Cioran, Aveux et anathèmes). Blog créé par Zühal Türkkan Gürsel et Leyla-Gün Gürsel.

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Le PressBook

Publié par Nedim GÜRSEL  - Catégories :  #Press book

Nedim Gürsel : «L'itinéraire de Nâzim Hikmet est emblématique de l’engagement communiste de cette génération»

— 16 octobre 2012 à 14:21 - Libération

Avant la chute du Mur, d’Istanbul à Berlin et Moscou, «l’Ange Rouge» (Seuil), roman de l'écrivain turc Nedim Gürsel, retrace l’errance de Nâzim Hikmet, le plus grand poète turc du XXe siècle. Il a répondu à vos questions.

Nedim Gürsel. Le titre original c’est Diable, ange et communisme, mais mon éditeur français a proposé l’Ange rouge, qui évoque un des personnages du roman, qui espionnait Hikmet en envoyant des rapports à la Stasi qu’il signait «Diable», et ses articles «Ange». C’est un titre qui évoque la problématique du communisme.

N. G. C’est une des grandes figures du XXe siècle. Son itinéraire m’a semblé emblématique de l’engagement de cette génération qui a défendu une cause, malgré l'échec. Une deuxième explication, c’est que la vie de Nâzim Hikmet, que je connais en détail, m’a semblé très romanesque.

N. G. Non, hélas, quand il est mort en exil à Moscou, en 1963, j’avais 12 ans, et interne au lycée de Galatasaray, à Istambul. J’aurais aimé le rencontrer, cela va de soi.

N. G. Il est vrai que Nâzim Hikmet est un peu tombé dans l’oubli, mais dans les années 70, il a été très connu en France. Je conseillerais son anthologie poétique qui s’appelle Il neige dans la nuit, parue chez Gallimard dans la collection Poésie.

Par ailleurs, je pense qu’il est relativement facile de traduire la poésie de Nâzim Hikmet en français, car elle est assez transparente, mais le turc et le français étant deux univers linguistiques radicalement différents, la traduction se fait aussi difficilement.

N. G. Oui, j’ai bien connu Abidin Dino, le peintre turc, qui était très proche de Nâzim Hikmet. Il est nommé dans le roman, mais sans plus. Il s’agit d’un roman, donc d'une fiction. Il y a d’autres personnages que j’ai inventés, notamment celui du biographe de Nâzim Hikmet. Mais en ce qui concerne le personnage central du roman, c’est-à-dire Hikmet, je n’ai pas inventé sa vie, j’ai écrit à ma façon, à travers le personnage du biographe.

N. G. Cet événement a été pour ma vie, comme pour mon pays, une sorte de tragédie. Si je n’avais pas été contraint de quitter la Turquie, à cette époque, je n’aurais certainement pas autant parlé de la ville d’Istambul dans mes romans, car en exil, j’ai cultivé une sorte de nostalgie de ma ville bien-aimée, et de mon pays natal.

N. G. Je n’ai pas pu y retourner pendant à peu près trois ans, car deux de mes livres ont été interdits, après le coup d’Etat. Maintenant, j’y vais très souvent, tous mes livres sont autorisés, y compris mon avant dernier roman, les filles d’Allah (Seuil), pour lequel j’ai été poursuivi en justice.

N. G. La liberté d’expression reste malheureusement limitée en Turquie. Il y a eu, certes, quelques progrès dans ce domaine, mais on continue à poursuivre les journalistes, et les écrivains. En ce moment, un des grands compositeurs turcs, Fazil Say, vient de subir le même sort que moi.

N. G. Je ne partage ni l’engagement politique, ni l’optimisme de Hikmet, en ce qui concerne «les lendemains qui chantent». Mais je partage, autant que je peux, c’est-à-dire rétroactivement, ses malheurs, et sa nostalgie de la Turquie.

N. H. Il est resté fidèle jusqu’au bout à l’idéal de sa jeunesse. Pendant ses années d’exil à Moscou, il a constaté que tout n’allait pas très bien, mais cela ne l’a pas empêché de croire au communisme. Heureusement, il n’a pas connu l’invasion de Prague.

N . H. Oui, je l’ai beaucoup imaginé. Il aurait été très triste. Et d’ailleurs, dans mon roman, un autre communiste, un des personnages importants, vit comme un grand déclin cet événement qui a marqué la fin du communisme.

N. H. Je suis un fervent partisan de l’adhésion de mon pays à l’Union européenne. J’ai même écrit un livre pour défendre cette cause, il s’intitule la Turquie, une idée neuve en Europe (Empreintes, Temps présent, 2009). Malheureusement, en ce moment, la Turquie semble avoir tourné la page européenne, et je le regrette.

Merci à tous pour vos questions, je suis actuellement au Petit Palais, pour présenter à 18h30 mon livre l’Ange rouge avec des documents d’archives de l’INA sur le poète Nâzim Hikmet, vous êtes les bienvenus.

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